Un mastère spécialisé, trois « badge »

Télécom ParisTech a été accrédité en 2004 pour un badge (Brevet d’Aptitude Délivré par les Grandes Ecoles) en régulation des télécommunications (RegTel). En avril 2013, une nouvelle accrédiatation par la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) a été accordée pour un nouveau Mastère Spécialisé en régulation de l’économie numérique (RegNum). En 2017, Télécom ParisTech a demandé de nouvelles accréditations pour une MS RegNum modifié et deux nouveaux badge, RegFep et RegInt.

Ces formations sont décrites sur ce site. Elles se tiennent en alternance sur deux ans, à Ouagadougou (Burkina Faso), à Paris (France) et désormais à Abidjan (Côte d’Ivoire). Elles ne s’adressent pas aux mêmes publics. Vérifiez bien avant de vous inscrire votre éligibilité (comment choisir sa formation /qui peut candidater?).

Pourquoi ces formations?

La régulation du numérique est relativement récente, fin des années 90 dans la plupart des pays développés et en développement. La montée en compétence des régulateurs et des opérateurs sur ces questions s’est opérée dans les années 2000 et le badge en régulation des télécommunications initié en 2005 par Télécom ParisTech y a contribué dans l’Afrique francophone.

L’économie numérique touche aujourd’hui la majeure partie des secteurs économiques et génère des questions qui ne sont plus uniquement associées à la régulation des marchés des services de communication numériques, mais sont relatifs à des pans de plus en plus nombreux de l’économie et de la société. Les questions associées par exemple à l’administration électronique, à la cybercriminalité, à la protection de la vie privée, aux territoires numériques, à la finance électronique etc. illustrent ces interventions croissantes du numérique dans la vie économique et sociale.

Par ailleurs, la régulation du numérique interfère de plus en plus avec la régulation d’autres secteurs économiques. Le cas emblématique de la banque dans les pays en développement l’illustre, mais ce sera rapidement le cas de nombreux services publics (santé et éducation notamment) et d’autres activités économiques (par exemple la distribution, les transports, etc.).

La maîtrise de ces questions et de ces interactions devient dès lors de plus en plus centrale dans les pays en développement comme dans les pays développés. Développer une compétence forte sur ces questions devient urgent dans des contextes de plus en plus nombreux.

Ces formations cherchent donc à étendre et approfondir les enseignements dispensés jusqu’alors au sein du badge en régulation des télécommunications, qui devient une formation parmi quatre.

Le mastère englobe les trois badge sur trois thèmes principaux:

  • La régulation des communications électroniques (des télécommunications)
  • La régulation d’Internet, du e-commerce et des contenus
  • La régulation de la finance électronique et des postes,

Ces deux dernières thématiques englobant les questions relatives aux données.

L’Afrique fait face en effet, comme le reste du monde, à l’irruption de ces nouvelles questions. Le basculement des réseaux audiovisuels analogiques vers des réseaux numériques, l’arrivée de la 3G et du haut-débit posent dès maintenant au continent des questions abordées depuis quelques années dans les pays développés, mais qui devront recevoir des réponses sans doute différentes compte tenu des contextes locaux. Que ce soit en matière de TNT (Télévision Numérique Terrestre) ou en ce qui concerne Internet qui étend désormais sa toile sur l’ensemble du globe et a par exemple importé en Afrique un usage massif des réseaux sociaux, l’Afrique doit faire face à l’ensemble des questions posées par l’économie numérique. Ces formations ont l’ambition de répondre à cette attente.

Le mastère spécialisé (RegNum) est donc décliné en trois badges, le badge historique en régulation des télécommunications (RegTel) et un nouveau badge en régulation des de l’internet et des contenus (RegInt), et un badge en régulation de la finance électronique et des postes (RegFep). L’obtention de ces deux badges ouvrira la diplomation du Mastère Spécialisé dans le cadre des règles de la CGE.

Bien que très fréquemment, les cadres législatifs et réglementaires des pays émergents soient très inspirés de ceux des pays développés, les questions de régulation soulevées dans le contexte des pays en développement sont le plus souvent très spécifiques et ne peuvent guère être juste la transposition des solutions adoptées dans les pays développés. Il ne s’agit en aucune façon dans ce mastère d’enseigner des solutions définitives aux situations réglementaires rencontrées dans les pays en développement. Une grande offre de formations dispensant des « solutions » est proposée sur des formations courtes très thématisées par les grandes organisations internationales (UIT, Banque Mondiale…, organisation régionales telles que l’UEMOA, la CEDEAO, la CEMAC, etc.) ou privées. Le mastère ici proposé a pour ambition d’apprendre à réfléchir sur les cas de régulation rencontrés pour permettre aux acteurs concernés d’élaborer les solutions qui conviennent dans un contexte donné.

La formation part aussi du constat que le personnel, tant chez les régulateurs que chez les opérateurs, qui traite des questions de régulation est principalement constitué de juristes, et notamment de juristes du droit public, et d’ingénieurs des télécommunications. Or, la régulation est avant tout la régulation de marchés, et la dimension économique est tout à fait prépondérante. Le déficit d’économistes dans ces instances, mais aussi le manque d’économistes spécialisés sur ces thématiques dans ces pays, nous a conduits à orienter très fortement la formation autour des questions de régulation économique. Certes, le droit de la régulation tout comme les technologies intervenant dans les réseaux ou les services, sont loin d’être absentes des enseignements offerts, mais la formation se veut très clairement avant tout de nature économique, de façon à permettre aux populations d’ingénieurs et de juristes d’accéder à la maîtrise des dimensions économiques de leur métier.